Philosophies
Philosophies
Zeus tonna soudain et lança sa foudre sur le vaisseau.
Homère, Odyssée, Chant XII, v. 415 Voir l'œuvre·Bateau de rêveLa musique ne se fait pas simplement en faisant suivre un son par un autre, mais par une succession de sons que l’oreille saisit comme une unité, telle une phrase mélodique ou une mélodie. Ces unités sont des IMAGES HUMAINES car elles évoquent des États de la vie. Des formes plus vastes s’élaborent, mettant en jeu des chaînes mélodiques complexes, l’alternance et la variation des mélodies, l’entrelacement simultané de deux lignes mélodiques ou plus (la polyphonie), des formations d’accords ou des groupes de notes différentes qui, frappées simultanément, fusionnent jusqu’à sonner comme une seule note enrichie d’une « tonalité affective ». Ces formes complexes évoquent des États psychologiques qui sont autant de « portraits humains ». À travers ces « images humaines » et ces « portraits », on peut dire que la musique incarne des idées. Ce ne sont pas les idées que l’on trouverait dans un traité scientifique, mais des commentaires sur une société, montrant ce que signifie y vivre. Elles embrassent les évolutions de la sensibilité, la conscience qu’a l’humain de ses propres pouvoirs, et la situation de la liberté intérieure, à mesure que changent les conditions du monde extérieur. Ainsi la musique rejoint les autres arts dans la création d’une conscience sociale (la conscience qu’a l’individu de la vie intérieure qu’il partage avec la société), et dans la révélation de l’histoire intérieure d’une société.
Sidney Finkelstein, Music & Human Images (trad. libre de l’anglais) Voir l'œuvre·La ViolonisteL’homme fait partie de la nature, même dans sa forme la plus dégénérée et la plus civilisée. Un être humain sera toujours un morceau de nature. Et c’est pour cette raison que ses modes d’expression doivent eux aussi ne faire qu’un avec la manière dont la nature et la matière s’expriment.
Asger Jorn, Naturalistic and Materialist Art (trad. libre de l’anglais) Voir l'œuvre·BrainlessNotre rapport à l’environnement dans lequel nous vivons est comparable, disons, au rapport entre un contenant et son contenu, chacun s’étant développé indépendamment de l’autre. Une telle relation peut ou non impliquer une correspondance réciproque. La nôtre est toujours une relation de correspondance, ce qui n’exclut pas la possibilité que cette relation (comme cela arrive souvent) s’avère substantiellement négative pour nous et pour notre environnement. Et pourtant, il ne fait aucun doute que le contenant et le contenu, la condition humaine et l’environnement humain, sont ici le résultat d’un seul et même processus dialectique, d’un seul et même processus de conditionnement et de formation mutuels.
Tomas Maldonado, Human Ecology & Dialectic of the Concrete (trad. libre de l’anglais) Voir l'œuvre·Mort mais vivant