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La Violoniste, œuvre de Robert Bibeau

La Violoniste

La musique ne se fait pas simplement en faisant suivre un son par un autre, mais par une succession de sons que l’oreille saisit comme une unité, telle une phrase mélodique ou une mélodie. Ces unités sont des IMAGES HUMAINES car elles évoquent des États de la vie. Des formes plus vastes s’élaborent, mettant en jeu des chaînes mélodiques complexes, l’alternance et la variation des mélodies, l’entrelacement simultané de deux lignes mélodiques ou plus (la polyphonie), des formations d’accords ou des groupes de notes différentes qui, frappées simultanément, fusionnent jusqu’à sonner comme une seule note enrichie d’une « tonalité affective ». Ces formes complexes évoquent des États psychologiques qui sont autant de « portraits humains ». À travers ces « images humaines » et ces « portraits », on peut dire que la musique incarne des idées. Ce ne sont pas les idées que l’on trouverait dans un traité scientifique, mais des commentaires sur une société, montrant ce que signifie y vivre. Elles embrassent les évolutions de la sensibilité, la conscience qu’a l’humain de ses propres pouvoirs, et la situation de la liberté intérieure, à mesure que changent les conditions du monde extérieur. Ainsi la musique rejoint les autres arts dans la création d’une conscience sociale (la conscience qu’a l’individu de la vie intérieure qu’il partage avec la société), et dans la révélation de l’histoire intérieure d’une société.
Sidney Finkelstein, Music & Human Images (trad. libre de l’anglais)

Une musicienne d'environ soixante-dix centimètres, taillée dans un seul bois clair verni, surprise en pleine enjambée, les bras levés haut en V : l'archet d'un côté, un violon de bois stylisé de l'autre. Elle chevauche une longue branche à l'écorce laissée brute, montée sur un disque laqué sombre. À ses pieds, deux fleurs à corolles de verre rouge forment un bougeoir : la fleur devient flamme selon qu'on l'allume. La pose tient la fin d'une prestation, l'archet levé en signe d'achèvement ; les fleurs déplacent la lecture vers la seconde d'après, le bouquet lancé depuis la salle.

La Violoniste, œuvre de Robert Bibeau
La Violoniste, œuvre de Robert Bibeau
La Violoniste, œuvre de Robert Bibeau
La Violoniste, œuvre de Robert Bibeau
Vue studio, fond blanc.
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Pistes de lecture

Brâncuși avait épuré *Mademoiselle Pogany* jusqu'à la signature graphique ; la violoniste garde ce polissage simplifié, mais y ajoute le moment précis : l'archet levé qui marque la fin de l'œuvre exécutée, l'instant le plus difficile d'une prestation, celui où l'on quitte la note.