
Yin-Yang
Colonne verticale en bois trouvé dense, brun rougeâtre, taillée par soustraction et vernie, dressée sur une fine tige noire fichée dans un socle carré aux tourbillons rouge et noir. À mesure que le regard remonte, le grain cesse d'être grain : des visages affleurent, des bouches s'ouvrent, des corps se superposent sur toute la hauteur. Les percements traversent le bois de part en part, un ovale en haut, une longue fente, deux ronds appariés qui se lisent comme des yeux. Ces vides ouvrent des passages ; la lumière qui y circule donne à la colonne une présence spectrale, le négatif assumé comme volume.
















On peut y voir une mémoire qui monte. La verticalité a quelque chose de cérémoniel, comme chez Tim Whiten ; la cavité y est un volume : ce que le bois ne contient plus, le regard le tient. Une pièce qui se gagne en lenteur.