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Yin-Yang : longue colonne de bois flotté sculptée de visages superposés aux yeux évidés, fond blanc de studio, œuvre de Robert Bibeau

Yin-Yang

Colonne verticale en bois trouvé dense, d'un brun rougeâtre sombre, sculptée en taille directe et finie d'un vernis qui accroche la lumière le long du fût. La pièce se dresse sur une fine tige métallique noire fichée dans un socle de métal carré, dont la surface peinte tourbillonne de rouge et de noir. Le travail procède par soustraction : la matière a été creusée jusqu'à ce que la branche révèle une succession de présences.

À mesure que le regard remonte, le grain cesse d'être grain. Des visages affleurent, des bouches s'ouvrent en cavités, des corps s'étirent et se superposent sur toute la hauteur. Les percements traversent le bois de part en part, chacun de forme distincte : un ovale en haut, une longue fente médiane, deux ronds appariés plus bas qui se lisent comme des yeux ou des narines. Ces vides ne décorent pas la surface. Ils ouvrent des passages, et la lumière qui circule à travers donne à la colonne une présence spectrale, un négatif assumé comme volume.

La verticalité tient par la tige et le socle, qui posent l'œuvre à hauteur de regard et laissent le bois respirer dans l'espace. Le contraste entre le poli serré du fût et le rouge tournoyant de la base reste abrupt, presque dissonant. La colonne semble moins représenter des figures que les dégager d'une matière qui les contenait déjà, comme si la main n'avait fait qu'ouvrir ce que le bois retenait.

Détail de la partie haute de la sculpture en bois, cavités oblongues percées et trous oculaires alignés sur le fil ondoyant du bois verni.
Vue de profil de la figure dressée en bois sculpté, silhouette étroite et sinueuse révélant le fil du bois et de petites ouvertures.
Sculpture verticale en bois trouvé à finition rouge-brun, percée de cavités sur toute sa hauteur, dressée sur une tige métallique et un socle carré au motif rouge sombre.
Vue d'ensemble de la figure dressée en bois trouvé sur sa tige métallique, succession de cavités creusées de haut en bas.
Gros plan des cavités centrales du bois sculpté, ouvertures en goutte et paire de petits trous évoquant un visage émergent.
Macro du bois verni montrant le grain dense, une cavité en amande et deux orifices ronds creusés côte à côte.
Détail rapproché d'une cavité percée et d'un nœud du bois sculpté, surface lustrée aux veines contrastées.
Section basse de la sculpture en bois trouvé, renflement creusé d'un orifice sombre sur fond clair.
Détail du montage en pied, tige métallique noire fixée au bois trouvé par une vis, marque gravée visible dans le grain.
Vue latérale — colonne complète
Yin-Yang, détail des cavités traversantes
Yin-Yang, détail de la veinure du bois
Yin-Yang, vue de la forme verticale
Yin-Yang, dans un espace d’exposition épuré
Yin-Yang, dans le hall d’un hôtel design
Yin-Yang, dans le hall d’un immeuble contemporain
Pistes de lecture

On peut y voir une mémoire qui monte. La verticalité n'est pas architecturale, elle a quelque chose de cérémoniel, comme chez Tim Whiten. La cavité est un volume : ce que le bois ne contient plus, le regard le tient. Là où Bourgeois faisait monter la psyché dans le métal, le bois ici fait remonter ce qui ne finit pas de signifier. Une pièce qui se gagne en lenteur.