
La balançoire magique
Une colonne de bois noueux, miellé, s'élève d'un pied unique et se divise en fourche : deux bras ouverts comme les plateaux d'une balance. À gauche repose une lourde pierre grise aux arêtes coupantes ; à droite, un minéral verdâtre, translucide, qui capte la lumière. Entre les deux, le tronc tient la pesée, dans un calme qui semble toujours sur le point de basculer. Un petit boulon affleure sur le fût, trace discrète de l'assemblage. Là où d'autres pièces pèsent vers le bas, celle-ci joue la suspension : la gravité devient le sujet.




Le titre annonce une balançoire, la fourche y répond : deux poids que tout oppose, tenus en équilibre. On y devine un bestiaire plus joueur, du côté du grotesque assumé de Shary Boyle : le grave et l'animé tenus dans la même main.