
Sans titre
Le bois est brun-roux, sombre au fond des creux et plus clair sur les arêtes usées. La masse monte en torsion depuis une base qui s'ouvre en arche sur deux appuis, comme des membres tendus, et se retourne au sommet en une pointe. Vers la droite, des protubérances effilées suggèrent un museau sans jamais se résoudre en figure. Les nœuds et les cavités ouvertes par l'érosion restent en place ; au tiers supérieur, deux d'entre elles tiennent chacune une pierre claire, calée dans le creux. La pièce hésite entre la souche et la bête. L'artiste a ramassé la racine à l'île Sainte-Hélène, une pierre déjà prise dans le bois : « une cohabitation improbable », écrit-il.













La verticalité rituelle réduite à l'essentiel matériel : la torsion accidentelle de la racine devient signature, la cavité fortuite devient logement pour la pierre. Le geste consiste à reconnaître, puis à retirer ce qui masque.