
Sans titre
Une racine d'environ cinquante-huit centimètres, dressée sur sa base élargie, dont le bois brun-roux s'enroule en torsion serpentine. Les nœuds et les cavités ouvertes par l'érosion restent en place ; dans deux d'entre elles, au tiers supérieur, des pierres brutes sont encastrées, le minéral pris dans le creux du bois mort. La base s'ouvre en arche sur deux appuis, comme des membres tendus ; vers la droite, des protubérances évoquent un museau sans jamais se résoudre en figure. La pièce hésite entre la souche et la bête, et c'est cette hésitation qui tient l'œil.







La verticalité rituelle réduite à l'essentiel matériel : la torsion accidentelle de la racine devient signature, la cavité fortuite devient logement pour la pierre. Le geste consiste à reconnaître, puis à retirer ce qui masque.