
Le vieux
Figure couchée, taillée dans une loupe brun foncé et posée sur un assemblage de poutres de charpente récupérées. Seule la tête est dégagée : profil creusé, arcade lourde, bouche entrouverte, un œil de métal enfoncé dans le bois. Le corps reste une masse allongée que le grain tourmenté suffit à animer ; un nœud accidenté fait une pommette, une cavité fait une orbite. La figure repose sur les poutres comme sur un lit trop dur : un vieil homme au bout de son usure, patiné, troué, et pourtant durable, installé au sol comme quelqu'un qui ne se relèvera plus.


La même œuvre, photographiée à un stade antérieur de son travail.

Les gisants médiévaux couchaient les morts sur la pierre ; leur version crue, le transi, montre le corps tel que le temps le laisse. Le geste d'ici est plus doux : des poutres de charpente recyclées pour socle, un vieil homme rendu au bois dont les maisons sont faites.