
L'acrobate
Un squelette anatomique en pièces moulées gris-argent, cambré en pont arrière de contorsionniste sur une dalle de béton coulé : jambes en appui, torse renversé, bras levés en V. Les ligatures sombres des jointures montrent l'objet pour ce qu'il est, un pantin d'atelier remis en mouvement. Au centre, logé là où l'on attendrait le pubis, un second crâne fixe le spectateur, et la cambrure jubilatoire verse aussitôt dans le malaise. Le béton garde des traces de pigment rouge vaporisé, rappel d'une scène plus que d'un sang. La facture reste inégale, plus près de l'objet trouvé recomposé que de la taille ; c'est peut-être sa franchise.

Le squelette dansant traverse les *Danses macabres* et les *calaveras* de José Guadalupe Posada, qui en ont fait une figure populaire universelle. Ici, la mort revient à l'échelle de l'établi : fil métallique récupéré, béton de chantier, virtuosité de cirque.